Échos du patrimoine: célébrer les langues et les liens
Le 5 février, j’ai contribué à l’organisation de Echoes of Heritage, une collaboration entre Espaces francophones et le UBCO Black Student Success Program. L’événement célébrait la diversité linguistique en mettant en valeur dix langues — de l’igbo à l’ASL et de l’espagnol au kinyarwanda — présentées à des tables interactives par des membres de notre campus et de la communauté. Les personnes participantes recevaient un « mini-passeport » pouvant être estampillé à chaque kiosque, et plusieurs personnes animatrices avaient préparé des jeux pour rendre l’apprentissage vivant et mémorable.


Certains moments m’ont particulièrement marquée. À la table du silozi, j’ai appris que les salutations sont accompagnées d’applaudissements, et que les femmes et les hommes n’applaudissent pas de la même façon : les femmes avec les mains en coupe, les hommes avec les mains à plat. À la table du twi, j’ai découvert que le prénom reçu dépend du jour de la semaine où l’on est né — mon prénom du mardi serait Abena Ketewa (parce que ma soeur aînée est elle aussi née un mardi).



Des membres de l’équipe de la bibliothèque de UBCO tenaient un kiosque d’information sur le plurilingualisme et partageaient des exemples de textes qui se concentraient sur l’authenticité au lieu des hiérarchies entre les anglais écrits. Ces détails, partagés avec générosité, ont donné vie aux langues et m’ont rappelé que les langues n’existent jamais en dehors de la culture, de l’identité ou des contextes coloniaux.


L’événement ouvrait aussi un espace pour des questionnements plus profonds sur la langue et l’identité. Comment les communautés noires malentendantes façonnent-elles et font-elles évoluer l’ASL? Comment le Canada francophone a-t-il été transformé par les migrations en provenance d’Haïti et de l’Afrique de l’Ouest? Comment les notions d’« anglais académique » ou de français standard sont-elles remises en question? Que signifie décoloniser des langues issues d’un contexte colonial? Que veut dire regarder l’histoire noire au Canada à travers le prisme de la langue?
Ces questions, et bien d’autres, étaient encore présentes lorsque j’ai assisté quelques jours plus tard à Parler mal, une création de théâtre documentaire de Bianca Richard et Gabriel Robichaud. Le duo acadien y aborde l’insécurité linguistique et la glottophobie dans une démarche à la fois éducative et libératrice, pour se détacher du stigmate de « parler mal » (même, ou surtout, en ce qui concerne leur langue maternelle).


Nous poursuivrons cette célébration des langues avec la troisième édition de Many Tongues, le 6 mars de 12 h à 14 h dans l’édifice EME, dans le cadre du festival New Leaves. L’événement proposera un micro ouvert, avec priorité aux performances dans des langues autres que l’anglais. Nous vous invitons à vous joindre à nous — comme personne participante ou comme membre du public — et à ajouter votre voix à cette conversation continue sur la langue, l’identité et le sentiment d’appartenance.
Pris ensemble, ces trois événements nous rappellent que la langue est plus que des mots : c’est une histoire, une forme de résistance, une créativité et un lien entre les personnes.
Echoes of Heritage: Celebrating Language and Connection
On February 5th I helped host Echoes of Heritage with Fikayo Adeleke, Enock Mutabazi, Robyn Bunn and Serina Folly. It was a collaboration between Espaces Francophones and the UBCO Black Student Success Program. The event celebrated linguistic diversity, featuring ten languages—from Igbo and ASL to Spanish and Kinyarwanda —shared at interactive tables by campus and community members. Visitors received “mini passports” which were stamped at each booth, and many hosts designed games to make learning playful and memorable.
Some moments stayed with me. At the Silozi table, I learned that greetings are accompanied by clapping, and men and women clap differently: cupped hands for women, flat hands for men. At the Twi table, I learned that names are tied to the day of the week you’re born—my Tuesday name would be Abena Ketewa (since my older sister was also born on a Tuesday). A group of staff from the UBCO Library had a table with information on plurilingualism and shared examples of texts where authors center authenticity rather than the hierarchy of Englishes. These details, shared generously, brought each language and text to life and reminded me that language is inseparable from culture and power.
The event also opened space for deeper questions about language and identity. How do Black Deaf communities shape and expand ASL? How has francophone Canada been shaped by migration from Haiti and West Africa? How are the notions of academic English or le français standard being challenged? What does it mean to decolonize colonial languages? to look at Black history in Canada through the lens of language?
These questions and more swirled around while I watched Bianca Richard and Gabriel Robichaud’s documentary-theatre production Parler Mal, just a few days later. The Acadian duo tackled issues of linguistic insecurity and glottophobia to educate the audience and, ultimately, to free themselves from the stigma of ‘speaking badly’ or being ‘bad francophones.’
Looking ahead, we’re excited to continue the celebration of languages with the third edition of Many Tongues on March 6th from 12–2 PM in the EME building as part of the New Leaves festival. The event will feature an open mic, with priority given to non-English performances. We hope you’ll join us—whether as a performer or audience member—and contribute your voice to this ongoing conversation about language, identity, and belonging.
Taken together, these three events seek to remind us that language is more than words—it’s history, resistance, creativity, and connection.